Vie d’atelier

Ici je vous parle des projets, expériences et recherches menés à l’atelier.

Je vous parle de laine, de filage au rouet (ou au fuseau), de teinture végétale, de toison de mouton, etc.

 

14 mai 2026

Une fois la laine bien lavée, j’ai pu passer à la teinture d’une partie de celle-ci.

J’ai choisi d’utiliser l’oignon pour la teinture car j’aime la couleur lumineuse qu’il donne mais aussi parce que pour faire un « gros » projet comme celui-là, je préfère utiliser une matière tinctoriale que je trouve facilement, en grande quantité. Et les peaux d’oignon étant des déchets de cuisine, c’est encore mieux!

La teinture végétale se fait en plusieurs étapes et j’étale généralement celles-ci sur plusieurs jours.

Le premier jour, je pèse les peaux d’oignon en fonction de la quantité de laine que je souhaite teindre puis je les fais tremper dans de l’eau toute une nuit.

Sur ma cuisinière à bois, je peux mettre deux grosses casseroles, j’en profite donc généralement pour faire plusieurs étapes en même temps.

Le deuxième jour, je vais faire le bain de teinture en faisant cuire les peaux d’oignon à petits bouillons pendant une heure. 

En même temps, je vais préparer la laine qui va être teinte en la mordançant.

Pour ce projet, je mordance la laine au sulfate d’aluminium pour améliorer la tenue de la couleur mais aussi pour m’assurer d’obtenir la couleur voulue. En effet, il est tout à fait possible de teindre avec de l’oignon sans mordancer au préalable mais on obtient alors des nuances de bruns. Pour obtenir des jaunes/oranges, le mordançage est indispensable.

La laine va « cuire » dans son bain de mordançage pendant une heure en vérifiant régulièrement que la température ne monte pas à plus de 80°.

Les deux casseroles seront ensuite retirées du feu et laissées de côté jusqu’au lendemain.

Le troisième jour, je vais procéder à la teinture en elle-même. 

Je vais d’abord filtrer le bain de teinture pour me débarrasser des peaux d’oignon puis je vais y plonger la laine mordancée.

La casserole sera ensuite remise sur la cuisinière à bois pour une montée en température lente et une cuisson d’une heure.

La casserole est ensuite mise de côté jusqu’au lendemain.

Le quatrième jour, la laine sera rincée plusieurs fois, essorée et mise à sécher.

Comme la contenance de mes casseroles ne me permet que de teindre 150g de laine à la fois, j’ai dû répéter tout le processus une deuxième fois.

 

Une fois la laine bien sèche, j’ai commencé à carder celle-ci.

L’étape du cardage est indispensable pour faciliter le filage et le rendre plus régulier. En effet, lors du cardage, les petits déchets, tels que les fausses coupes (petits morceaux de laine) ou les débris végétaux les plus gros pourront être retirés. Le cardage, c’est aussi une façon d’ordonner un peu les fibres.

Dans le cas des laines de couleurs, qu’elles soient naturelles ou obtenues par teinture, le cardage aide à homogénéiser la couleur.

Puisque j’ai dû faire deux sessions de teinture, j’ai deux fois 150g de laine d’un orange légèrement différent. Lors du cardage, j’ai mélangé les deux bains de teinture pour obtenir 300g de laine d’une couleurs (plus ou moins) homogène.

Il y a toujours un peu de perte lors du cardage alors après quelques heures de travail me voilà avec 280g de laine orange, 100g de laine blanche et 80g de laine grise.

Il ne reste maintenant plus qu’à faire les tests de filage!

06 avril 2026

Après avoir ouvert l’atelier, pendant plusieurs années, j’ai beaucoup créé pour les autres. Je faisais de la teinture, je filais, je tricotais et je tissais dans le but de créer de quoi installer sur mes stands lors des évènements auxquels je participais tout au long de l’année.

Quatre ans plus tard, j’ai décidé de faire moins d’évènements. J’ai donc un peu plus de temps pour transformer la laine « pour moi ».

En ce début 2026, le projet perso qui m’occupe est un pull sans manches. 

Première chose à faire: déterminer le modèle du pull.

J’ai choisi d’utiliser le même modèle (patron) de mon premier pull sans manche, le Darroby de Sydney Roseweck. Mais contrairement au modèle d’origine, il n’y aura pas de torsade mais bien des motifs de couleurs différentes. 

Ceci me permet de déterminer, à la grosse louche, la quantité de laine dont je vais avoir besoin et donc le nombre de grammes de laine à laver. Pour ce projet, je prévois un gros 400g de laine de laine blanche, dont une grosse partie sera teinte en orange et 100g de laine grise.

J’ai ensuite été fouiller dans mes toisons sales pour trouver la perle rare. Pour faire un pull, on souhaite un fil chaud mais solide et pour ça, la laine qui va être filée doit avoir des propriétés particulières.

Pour faire un fil solide, la première chose est de choisir des fibres suffisamment longues. Au plus les fibres de laine sont longues, au moins il y aura de petites extrémités de fibres qui ressortiront lors du filage. Moins de fibres qui ressortent, c’est moins de risque de bouloches et moins de risque de feutrage dans les zones à frottements (sous les bras par exemple).

Pour avoir un fil de laine bien chaud, il faut que les fibres aient des petites ondulations. Ce qui donne sa chaleur à la laine, ce ne sont pas les fibres en elles-mêmes mais bien l’air qui est emprisonné entre celles-ci. Une laine avec des petites ondulations emprisonnera plus d’air lors du filage, elle sera donc plus chaude.

La technique de filage influence également la solidité et la chaleur de la laine mais nous y reviendrons plus tard.

Viens ensuite l’étape de nettoyage de la laine.

J’utilise plusieurs techniques de nettoyage. Pour ce projet, j’ai choisi de nettoyer la laine à l’eau chaude et au liquide vaisselle.

Je ne lave la laine à l’eau chaude qu’en hiver, quand je fais chauffer l’atelier à l’aide de ma cuisinière à bois. Je profite que celle-ci soit chaude pour y faire chauffer de l’eau de pluie, ce qui me permet d’économiser pas mal d’énergie. L’hiver, c’est également le moment de l’année où nous avons beaucoup d’eau de pluie. Ça tombe bien car pour nettoyer + ou – 300g de laine, j’ai besoin de 40l d’eau.

J’utilise du liquide vaisselle car ça dégraisse bien et j’aime travailler une laine bien dégraissée. Je choisis du liquide vaisselle bio pour limiter mon impact sur l’environnement mais aussi parce que c’est plus doux pour la laine. J’apporte une attention particulière à la laine qui va être teinte car si elle n’est pas parfaitement dégraissée, la teinture prendra moins bien.