Ici je vous parle des projets, expériences et recherches menés à l’atelier.
Je vous parle de laine, de filage au rouet (ou au fuseau), de teinture végétale, de toison de mouton, etc.
06 avril 2026
Après avoir ouvert l’atelier, pendant plusieurs années, j’ai beaucoup créé pour les autres. Je faisais de la teinture, je filais, je tricotais et je tissais dans le but de créer de quoi installer sur mes stands lors des évènements auxquels je participais tout au long de l’année.
Quatre ans plus tard, j’ai décidé de faire moins d’évènements. J’ai donc un peu plus de temps pour transformer la laine « pour moi ».
En ce début 2026, le projet perso qui m’occupe est un pull sans manches.
Première chose à faire: déterminer le modèle du pull.
J’ai choisi d’utiliser le même modèle (patron) de mon premier pull sans manche, le Darroby de Sydney Roseweck. Mais contrairement au modèle d’origine, il n’y aura pas de torsade mais bien des motifs de couleurs différentes.
Ceci me permet de déterminer, à la grosse louche, la quantité de laine dont je vais avoir besoin et donc le nombre de grammes de laine à laver. Pour ce projet, je prévois un gros 400g de laine de laine blanche, dont une grosse partie sera teinte en orange et 100g de laine grise.
J’ai ensuite été fouiller dans mes toisons sales pour trouver la perle rare. Pour faire un pull, on souhaite un fil chaud mais solide et pour ça, la laine qui va être filée doit avoir des propriétés particulières.
Pour faire un fil solide, la première chose est de choisir des fibres suffisamment longues. Au plus les fibres de laine sont longues, au moins il y aura de petites extrémités de fibres qui ressortiront lors du filage. Moins de fibres qui ressortent, c’est moins de risque de bouloches et moins de risque de feutrage dans les zones à frottements (sous les bras par exemple).
Pour avoir un fil de laine bien chaud, il faut que les fibres aient des petites ondulations. Ce qui donne sa chaleur à la laine, ce ne sont pas les fibres en elles-mêmes mais bien l’air qui est emprisonné entre celles-ci. Une laine avec des petites ondulations emprisonnera plus d’air lors du filage, elle sera donc plus chaude.
La technique de filage influence également la solidité et la chaleur de la laine mais nous y reviendrons plus tard.
Viens ensuite l’étape de nettoyage de la laine.
J’utilise plusieurs techniques de nettoyage. Pour ce projet, j’ai choisi de nettoyer la laine à l’eau chaude et au liquide vaisselle.
Je ne lave la laine à l’eau chaude qu’en hiver, quand je fais chauffer l’atelier à l’aide de ma cuisinière à bois. Je profite que celle-ci soit chaude pour y faire chauffer de l’eau de pluie, ce qui me permet d’économiser pas mal d’énergie. L’hiver, c’est également le moment de l’année où nous avons beaucoup d’eau de pluie. Ça tombe bien car pour nettoyer + ou – 300g de laine, j’ai besoin de 40l d’eau.
J’utilise du liquide vaisselle car ça dégraisse bien et j’aime travailler une laine bien dégraissée. Je choisis du liquide vaisselle bio pour limiter mon impact sur l’environnement mais aussi parce que c’est plus doux pour la laine. J’apporte une attention particulière à la laine qui va être teinte car si elle n’est pas parfaitement dégraissée, la teinture prendra moins bien.
